charlotte boulc’h

Le sujet de ma thèse porte sur les représentations plastiques contemporaines de l’animal, lorsqu’elles sont employées comme outils critiques des moyens de production industrielle. Plus précisément, mon champ de recherche concerne l’instrumentalisation des animaux par l’homme, telle qu’elle est mise en oeuvre et perçue par les artistes dès le début du XXIème siècle.
Pour proposer une visibilité adéquate de la recherche, je souhaite présenter le processus global de la recherche doctorale à travers le prisme de l’élaboration d’une oeuvre spécifique. En collaboration avec Lucie Schosseler, artiste diplômée des Beaux-arts de Metz, je propose la réalisation d’une oeuvre plastique, dont l’élaboration sera envisagée comme suit:
semaine 1. lecture, documentation, collecte plastique / recherche théorique
semaine 2. avec Lucie Schosseler: conception, collecte, expérimentation, fabrication de l’oeuvre /recherches théoriques
Semaine 3. avec Lucie Schosseler: fabrication / recherches théorique
Semaine 4. fabrication / recherches théorique, écriture

Les processus de réflexions et de créations ne pouvant s’effectuer sous la forme d’une rigoureuse continuité, ce planning de recherches théoriques et pratiques sera, fatalement, soumis à modifications. C’est justement cette évolution de la recherche à l’oeuvre, qui influe par digression sur ses propres méthodes de production qu’il nous importe ici de montrer. L’oeuvre envisagée étant pour l’instant à l‘état de projet, sa présentation ne peut être ici que succincte, nous ne pouvons pas encore décrire précisément ses modalités plastiques formelles, ni présenter les enjeux philosophiques, moraux ou conceptuels qu’elle portera en elle.
Les manipulations du vivant par l’homme, en vue de l’ adapter à ses besoins, pharmaceutique ou alimentaire constituerons notre point de départ réflexif et plastique.
Des chercheurs de l’ université générale de Harvard ont en 1999 donné naissance à un poulet doté de quatre cuisses. Cette naissance permet d’ envisager la production future d’ animaux façonnés selon les besoins de l’ industrie agroalimentaire.
Des chimères conçues sur le même modèle et défiant les lois naturelles au profit d’ un accroissement de la rentabilité industrielle: poulets sans plumes, porcs à six pattes ou moutons à croissance rapide.
A partir de ce fait sociétal, nous proposerons un projet de sculpture et d’installation exploitant la notion de “chimère”. Les créatures hybrides interespèces peuplent notre imaginaire depuis des millénaires, mais aujourd’hui les chimères sont passées de la représentation à la réalité. Elles ne sont plus des créatures imaginaires mais sont créées de façon routinière dans les laboratoires et s’ incorporent lentement dans le paysage génétique.
La finalisation de l’oeuvre est, bien entendu un objectif à terme, mais ne constitue pas un impératif à l’issue de la résidence, l’essentiel étant d’avoir à mettre en oeuvre la méthodologie inhérente au doctorat en art: lecture, documentation, rédaction, expérimentation, collecte, fabrication et, éventuellement, monstration, prise de vue et diffusion (les modes de monstrations et de diffusion de l’oeuvre faisant partie intégrante de la réflexion plastique et conceptuelle de l’artiste/doctorant).

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